Peut-être serait-il temps … ?

30 août 2010

Il me semble, que nous sommes en train de refaire l’erreur de la « Constitution » européenne: au lieu de prendre en compte le fait que nous sommes divers, diversifiés, composites, mais tous écolos, nous avons collé aux Verts souvent en dépit de notre plein gré, et nous voilà en train de construire une structure Verts bis sous la contrainte que ce parti in-con-tour-nable nous impose à nous autres pauvres benêts qui, d’après la rumeur, sommes incapables de nous mettre en ordre de marche et de nous « structurer »… et comme les Verts eux, ont mis plus de 20 ans pour aboutir à une structure dont la majorité d’entre nous ne veut pourtant pas, nous voilà « obligés » de la toiletter un peu, mais avec des pages et des pages de petits1,2 … petit a, b… etc, etc.

Mais, non.

Les Assises, si j’ai bien compris, devaient jouer le rôle de Constituante. Nous devions donc adopter une Constitution que pourrait rejoindre toute la galaxie écolo. Une constitution, comme nous l’a si bien expliqué Onesta en son temps, ce ne sont pas des pages et des pages de textes techniques.

Une constitution, c’est un texte simple, clair, avec des termes accessibles à tous, qui nous permettrait de regrouper nos fondamentaux.

Aux Assises, on adopte ce texte dans l’enthousiasme enfin retrouvé.

Ensuite on prend le temps de nous organiser (de façon souple), et là il y a plein d’idées qui ont émergé lors des journées d’été, y’a qu’à se servir) autour de ce texte, tout en laissant grandes ouvertes les portes pour que tous les écolos, structurés ou non, nous rejoignent.

Tandis que là, on nous refait le coup de l’urgence du fait des élections !!! Mais non, il n’y a AUCUNE urgence ! Pour les cantonales, on peut très bien s’organiser de façon souple à partir des comités locaux, nous les SIGNATAIRES d’Europe Ecologie.

Pardon?

Seule une MINORITE de Verts a signé ? Eh oui…

Peut-être qu’une majorité de Verts n’est pas partante pour Europe Ecologie.

Peut-être qu’il serait temps d’acter ce fait au lieu de faire semblant de croire que TOUS veulent la fusion et d’imposer à TOUS, Verts et divers, cette fusion aux forceps.

Peut-être serait-il temps aussi de RENDRE LEUR LIBERTE aux Verts et, dans la période de transition, de ne faire alliance aux élections qu’avec ceux d’entre eux qui le désirent vraiment.

Peut-être serait-il temps d’arrêter la machine à perdre ???

ARRETONS DE NOUS MENTIR LES UNS ET LES AUTRES !


L’appétit des spéculateurs aura des conséquences sociales désastreuses

28 août 2010
Tribune de José Bové, René Louail, François Dufour et Serge Morin, élus Europe Ecologie, paru dans Le Monde du 24 aout 2010.

En Russie et en Europe les sécheresses provoquent un recul des productions de céréales. Si les phénomènes climatiques que connaissent l’Union européenne, la Russie et la Chine sont à l’origine d’une baisse des productions, les répercussions économiques qu’elles entraînent pour les paysans sont, quant à elles, provoquées par la forte dérégulation des marchés et une spéculation effrénée sur ces matières premières agricoles.

Alors que l’ensemble des expertises officielles s’accordent à rejeter toute réelle possibilité de pénurie pour l’alimentation du bétail, le prix du blé a bondi de 70 % en un mois : de 130 euros la tonne début juillet à 224 euros la tonne aujourd’hui.

Depuis que la Russie – troisième exportateur mondial de blé – a décrété un embargo sur ses exportations jusqu’à la fin de l’année, les spéculateurs et, en particulier, les fonds de pension sont sur le pied de guerre, achetant les matières premières agricoles à tour de bras. Leur appétit aura très vite des conséquences sociales désastreuses.

Les émeutes de la faim qu’ont connues en 2008 les pays du Sud, alors que la tonne de blé atteignait 298 euros sous les effets de la spéculation, sont encore dans tous les esprits. Tous les ingrédients qui avaient conduit à cette situation sont, hélas, de nouveau présents. Les prix vont continuer d’augmenter et de connaître de fortes fluctuations que l’inévitable remontée des cours du pétrole ne pourra qu’aggraver.

Force est de constater que depuis 2008, tout a été fait, au nom de la simplification de la politique agricole commune (PAC), pour réduire à néant les outils européens existants de gestion des marchés alors qu’il fallait mieux maîtriser les marchés, réduire la dépendance aux importations de denrées alimentaires, entraver l’extension des agrocarburants au détriment des cultures vivrières, constituer des stocks d’urgence.

A partir de ce constat, les décideurs se sont convaincus de l’importance de relancer les investissements dans l’agriculture. Le revers de la médaille, c’est la ruée sur les terres arables de certains Etats et groupes privés qui mettent à mal le développement d’une agriculture paysanne, pourtant seule à même de répondre aux problèmes de la faim et de pauvreté des pays du Sud.

__ LE PRIX DES CÉRÉALES EXPLOSE__

En France, la montée des prix frappe de plein fouet les éleveurs. Les régions de l’Ouest et de montagne, grandes productrices de lait et de viande, sont les plus fortement touchées. A l’inverse, les céréaliers français voient leurs revenus s’accroître considérablement alors même que plus d’un tiers des aides de la PAC – 20 milliards d’euros sur 54 milliards – leur sont déjà alloués.

Le prix des céréales explose, ceux du porc et de la viande bovine baissent, tandis que le prix du lait reste en dessous des coûts de production. Les éleveurs qui ont opté pour des systèmes herbagers – qui respectent l’environnement et leur apportent une plus grande autonomie pour l’alimentation du bétail – seront les plus injustement touchés par l’augmentation des prix des céréales, et donc de l’alimentation animale, alors qu’ils sont parmi les moins aidés par les dispositifs publics.

La loi de modernisation de l’agriculture (LMA) ne fera qu’accentuer la dépendance des agriculteurs vis-à-vis des firmes agroalimentaires, malgré un faux discours sur la régulation des productions. C’est là toute l’absurdité d’un système d’aides européennes essentiellement orientées vers la production intensive plutôt que vers le soutien des emplois dans l’agriculture durable. L’OMC, l’Union européenne et le gouvernement français continuent la politique du « laisser faire » au nom du libéralisme économique.

Devrons-nous attendre une nouvelle crise alimentaire aux conséquences dramatiques pour que l’Union européenne se préoccupe enfin des paysans ? Nous demandons une modulation des aides compensatoires, afin qu’un quart des aides PAC 2010 aux céréaliers (5 milliards d’euros) soit redirigé vers les éleveurs et vers des politiques de coopération internationale.

Il est temps d’amorcer une transformation écologique et sociale de notre modèle agricole. Cela passe par un encadrement fort des marchés afin de garantir des prix justes pour les producteurs, tout en préservant le pouvoir d’achat des consommateurs. La réforme de la PAC qui s’amorce constitue une opportunité unique pour remettre à plat les orientations stratégiques de la politique agricole européenne. C’est un nouveau contrat entre la société et ses paysans qu’il nous faut construire.

José Bové, eurodéputé Europe Ecologie ; René Louail, paysan, conseiller régional Europe Ecologie au conseil régional de Bretagne ; François Dufour, paysan, vice-président d’Europe Ecologie de Basse-Normandie ; Serge Morin, paysan, vice-président Europe Ecologie de Poitou-Charentes.

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Corinne Lepage: « les blés de la colère »

13 août 2010

Lu sur le blog de Corinne

La flambée spectaculaire du prix du blé sur le marché de Chicago, même si le cours n’a pas atteint les sommets de 2007, soulève deux constats autour des crises écologiques et de leur exploitation financière.

Le premier constat est bien sûr celui de la cause première, à savoir les intempéries exceptionnelles de cet été, qui ont provoqué une sécheresse sans précédent en Russie et le blocage par le pouvoir en place des exportations de blé pour 6 mois afin de garantir la souveraineté alimentaire du pays. Cette  sécheresse, accompagnée de graves incendies en Russie, au Kazakhstan et en Ukraine devrait réduire de 27 % la production exportée des trois pays pour la campagne 2010/2011.

Le second constat est celui des phénomènes spéculatifs que cette décision a entraînés. Alors même que la FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) a réduit mercredi d’environ 4% ses prévisions de récolte mondiale de blé pour 2010, soit une baisse de 25 millions de tonnes (passant à 651 millions de tonnes récoltées contre 676 millions annoncées dans les prévisions de juin), cette organisation considère toujours cette offre pour l’instant suffisante. Pourtant, le prix de référence du blé à Chicago a bondi de 82% depuis le 9 juin, tandis que la tonne a dépassé les 230 euros en Europe (+61 %).

Plus symboliquement encore, les achats par des fonds d’investissement et des traders sur le Chicago Board of Trade (CBOT) ont également porté sur le maïs et le soja, qui gagnaient respectivement 2,6% et 0,8% en une journée.

Cependant, la situation actuelle est très différente de celle de 2007, dans la mesure où  les stocks sont abondants, atteignant des niveaux bien supérieurs à la moyenne des dernières années. Toujours selon la FAO, « le marché mondial du blé reste nettement plus équilibré que lors de la crise en 2007/08 et les craintes d’une nouvelle crise alimentaire mondiale ne sont pas justifiées à ce stade ». Dès lors, la hausse n’est pas seulement due aux difficultés climatiques, la spéculation est évidente.

L’union de ces deux constatations conduit à se poser les questions des conséquences au niveau mondial des risques de retour des émeutes de la faim, mais aussi de s’interroger sur ceux qui vont supporter les frais du surcout des matières premières (notamment les pays pauvres), sur les intermédiaires et traders qui vont toucher le pactole (sans pour autant que la plupart des agriculteurs en voient la couleur, le blé étant déjà vendu) et sur les leçons que l’on a tiré des précédentes crises. A court terme, malgré les déficits chroniques, les Etats vont être sollicités pour jouer les pompiers afin d’aider ceux qui seront confrontés aux effets de cette crise (et il faut qu’ils le fassent pour les pays les plus pauvres, mais aussi pour ceux qui, dans leur pays, consacrent la plus grande partie de leur budget aux affectations essentielles à savoir l’alimentation et le logement).

Pompier certes mais surtout pompier pyromane pour avoir refusé de s’attaquer réellement à la crise écologique et aux ravages du système financier. L’adjonction de l’un et de l’autre risquent d’anéantir les efforts faits pour sortir de la crise et mettre en place les outils nécessaires au changement de notre modèle de développement.


Vadrot: « Installations d’un centre d’expérimentation OGM de Monsanto à Autry dans le Loiret »

7 août 2010

« Lentement mais sûrement, souvent par l’intermédiaire de dirigeants ou de sociétés qui servent de poissons-pilotes, Monsanto quadrille le territoire français pour développer ses activités actuellement interdites. De façon à être présent partout pour le cas où le lobby des OGM réussissent à arracher quelques autorisations. A forces d’essais sous serre ou d’essais clandestins en plein champ. Ce qui se passe dans un lieu-dit (Bruyères de l’Etang) d’une petite commune du Loiret, Autry-le-Chatel, est révélateur des méthodes et manoeuvres en cours dans de nombreux départements.
Quoi de plus innocent, sur l’emplacement d’une pépinière, que l’installation au bord d’un étang, il y a une bonne dizaine d’années, d’une société dénommé « Loiret Semence ». Ca fait local. Que le propriétaire, se trouve être un Néerlandais, n’est pas extraordinaire puisqu’aprés tout nous sommes en Europe. Evidemment que le Hollandais en question soit aussi le gestionnaire de la société Ruiter Seeds spécialisée dans les semences de légumes hybrides, pourrait éveiller l’attention. Mais, bon, pas de quoi inquiéter les élus et la presse locale et régionale… »

La suite, sur le blog de Claude-Marie Vadrot … bonne lecture !


Corinne Lepage, les OGM autorisés, et le masque grimaçant du Grenelle

6 août 2010

lu sur le blog de Corinne

L’autorisation en catimini par le ministère de l’agriculture de 2 maïs OGM de type T25 soulève trois questions :

-     la première est juridique : le gouvernement ne dispose plus depuis le 30 juin 2010 de la possibilité d’autoriser la mise en culture d’OGM en France. Le décret organisant la procédure a été annulé par le Conseil d’Etat. Or aucune loi n’a été votée dans le délai imparti. Il démontre une fois de plus le peu de cas que le gouvernement porte à l’état de droit.

-     la seconde est politique : « Voyez mes ailes, je suis oiseau….. ». D’un côté, un Jean Louis Borloo surfe sur la clause de sauvegarde sur le MON 810 pour illustrer la défense, dur comme fer, du principe de précaution ; de l’autre, un Bruno Lemaire qui cède aux lobbys et autorise deux maïs dont l’un pour la première fois en Europe. Ce double langage, totalement insupportable, illustre ce qui est devenu une véritable méthode de gouvernement : faire le contraire de ce que l’on affirme.

-      la troisième est logique : en matière de durabilité, de santé publique et de responsabilité. Car, et c’est là probablement le point crucial, cette légèreté avec laquelle cette autorisation est donnée, sans que le HCB ne soit apparemment consulté, témoigne de l’absence de cohérence et de crédibilité du discours gouvernemental sur la durabilité comme par exemple lorsqu’il prétend vouloir sortir de la société automobile, il propose la création de 900 km d’autoroutes. De même, comment soutenir simultanément une clause de sauvegarde et une autorisation des OGM ? Comment, de surcroit, vient-on pondérer cette décision en prétendant commercialiser les semences mais pas les produits ? Cet OGM présente la caractéristique d’être  tolérant à un herbicide le glufosinate qui est interdit en France. Le glufosinate présente des effets neurotoxiques et mutagènes, c’est pour cela qu’il a été interdit. Comment peut-on prétendre vouloir une société de la responsabilité quand, dans le dossier OGM, les politiques fuient leur responsabilité (pour combien de temps ?) ?

Comment accorder quelque crédit au gouvernement sur les critiques du fonctionnement européen dans la gestion des OGM, lorsque la France entretient une telle ambigüité. La France n’applique pas le principe de précaution (pourtant constitutionnalisé), ne consulte pas les organes prévus à cet effet et ne tient aucun compte des décisions juridictionnelles. C’est d’autant plus inacceptable que rien n’est fait pour connaitre l’impact sanitaire par des tests à moyen et long termes. Il ne reste plus grand-chose de la « révolution » que prétendait être le Grenelle si ce n’est un masque de plus en plus grimaçant incapable de cacher le vrai visage.


Lipietz et Riollet: La coopérative et la Ruche

2 août 2010

Lu sur le blog d’Alain Lipietz

La coopérative et la ruche : brève contribution au débat sur la structuration d’EE

Après plusieurs mois de débats, la question de l’avenir d’EE se focalise toujours autour d’une tension : entre la volonté de démocratie, qui impose une certaine délimitation avec des règles du jeu du type « une personne , une voix » (la coopérative, où l’on adhère en « misant » quelque chose), et la volonté d’ouverture permanente (la ruche qui « pollinise » la société en en faisant son miel.)

Au moins le principe « une personne une voix » semble l’emporter sur le principe « consensus entre toutes les composantes », qui permettait à une oligarchie de négociateurs de déposséder les militant-e-s en expliquant que « c’est la faute aux autres (les vilains verts, les vilains non-verts) ». C’est une excellente nouvelle.

Le risque est alors grand de s’en tenir là : un nouveau parti, les Verts en plus grand. Encore faudrait-il améliorer les Verts en renforçant l’aspect coopératif (une personne, une voix), en éliminant l’aspect « fédération de courants », qui permet de renverser le vote local des militants sous prétexte que dans tel coin ou au niveau national le courant Machin n’est pas assez représenté. La proportionnelle des tendances, c’est bien en interne et à l’échelle correspondante, ce n’est pas un système de quota par écurie pour désigner les places éligibles en externe, et surtout pas pour exclure la grande majorité des « hors-courant ».

Mais alors… et la ruche, l’ouverture ?

Que ce soit la proposition de fédération qui limite et rigidifie des groupes politiques et cantonne les intellectuels dans une fondation périphérique, la proposition de « SCIC politique » avec collèges politique, associatif et divers, ou la proposition de parti unifié qui fait table rase de l’histoire politique des membres, il semble qu’on perde ce qui a fait la richesse et le succès d’Europe Ecologie, cette notion de rassemblement des personnes issues d’horizons divers qui se mettent ensemble pour faire gagner le projet de l’écologie politique. Ce qui a fait gagner EE, c’est qu’on a pu faire des listes sur lesquelles on affichait clairement et notre diversité, et l’unité de notre projet.

Par ailleurs, la question de la nébuleuse, de notre ancrage dans les réseaux, la question de la ruche et de la pollinisation, de comment on continue d’irriguer EE avec la matière grise des proches n’est pas résolue. La question de « comment on continue de faire venir à EE les déçus d’autres partis, des gens qui quittent le PCF ou le Modem » n’est pas résolue non plus.

Or la capacité de l’écologie politique à peser sur la réponse française et européenne à la crise économique, écologique et sociale se jouera largement aux élection des 2012 : sur notre crédibilité programmatique mais aussi sur notre capacité à rassembler sur cette offre politique nouvelle. Le choix de réduire EE à des « Verts+ » serait le choix de maintenir la subordination politique de fait de l’écologie à la sociale-démocratie.

Pour toutes ces raisons, il faut réfléchir à de sérieux amendements aux propositions de type « coopérative / parti unifié ».

1. Caractère expérimental de nos « institutions »

D’abord il faut admettre d’emblée que l’Objet Politique Non Identifié « Europe-Ecologie » n’a pas fini d’évoluer, même s’il doit entrer dans la préparation de 2012 sous une forme nettement plus identifiable qu’aujourd’hui. Les propositions que doit adopter la Constituante de novembre 2010 ne seront pas plus définitives que celle de 1789 !

2. Multicartisme transitoire.

Sur la base d’individus qui adhéreraient à Europe Ecologie, dans laquelle les décisions se prendraient selon la règle « une personne une voix », il conviendrait, dans un premier temps, qu’on ne demande pas aux adhérent-e-s de renoncer immédiatement à une appartenance politique autre.

La question ne se pose évidement pas pour les associatifs ou les syndicalistes (ça va de soi), en revanche elle se pose pour des personnes issue de mouvements dont l’objet est proche de l’objet d’un parti politique, tels Cap 21, le MEI, ou la Gauche citoyenne. Accepter qu’ils gardent leur carte permettrait d’une part qu’on puisse continuer d’afficher le rassemblement dans les propositions de candidats, et d’autre part qu’ils continuent à aller légitimement dans les instances de leur autre organisation pour y diffuser le message de l’écologie politique.

Concernant Waechter qui était sur la liste EE en Alsace et qui a fait des meeting du MEI contre les listes EE, le problème n’est pas la double appartenance, le problème est éthique !

Quant aux Verts qui ont dans leur statut le refus de la double appartenance et qui probablement continueront à exister juridiquement pendant la période transitoire, ils devront accepter (ou non), à la majorité, de considérer que l’appartenance aux verts et à EE ne constitue pas une violation de cette règle…

3. Prime à la pollinisation

Moins spectaculaire (dans la rubrique « Politique » des médias) que le regroupement de militants politiques, l’élargissement vers des associatifs syndicalistes et professionnels engagés est au cœur de notre réussite passée et de notre projet futur. Or, pour une Eva Joly qui est maintenant 100 % militante de EE, beaucoup plus nombreuse-s sont celles et ceux qui se sont engagé-e-s sur les européennes ou les régionales et sont prêt-e-s à s’engager à nouveau, sur « un coup », mais pas dans « un parti ». C’est l’air du temps, le militantisme post-moderne, où l’on s’engage en tant qu’individu sans « appartenance » (de classe, de famille idéologique) mais sur un projet contractuel.

Il faudrait donc concevoir EE, au delà de son noyau multicarte, comme un « halo » de sympathisants qui parfois, localement, ou nationalement, se cristallise en structure de décision pour mener ensemble une action bien déterminée (gagner une bataille ou une élection). Il y aurait donc des « EE permanents » ne répugnant pas à se réunir tous les mois, et des « EE associés » rassemblés pour une action et période précise.

Ces associés pourront se dire EE, et devront participer au débat et aux votes démocratiques de « l’organisation politique Europe-Ecologie », au moins sur l’engagement d’action contractuelle auquel ils ou elles adhèrent.

Concrètement : on pourrait participer à la campagne cantonale de EE à Trifouillis les Oies (et voter pour la désignation du candidat-e) sans participer à la définition de la doctrine de EE sur la pêche. D’autre part des pêcheurs pourraient participer à des ateliers et des actions EE sur la crise de la pêche, sans avoir à soutenir les candidats EE dans les cantons du littoral.

Ce que nous en espérons ? c’est que d’une part des pêcheurs aideront à élaborer la doctrine écologiste sur la pêche « soutenable ». Qu’ensuite ils participeront à des actions de EE, pas seulement sur la pêche. Et qu’enfin des urbains ayant soutenu des candidats EE loin des zones de pêche auront tendance à accepter les positions de EE sur la pêche…

Natalie Gandais-Riollet, Alain Lipietz


La longue marche de Cohn-Bendit pour rassembler la famille écologiste

27 juillet 2010

Dans Les Echos

« Daniel Cohn-Bendit fait partie de ces gens qui ont raison avant les autres ! », s’amuse Franck Laval, l’un des fondateurs du mouvement Europe Ecologie. Cette année, l’ex-leader de Mai 68 est parvenu à faire accepter aux Verts d’évoluer vers une nouvelle formation qui rassemble le parti historique et les réseaux mobilisés, depuis les européennes de 2009, au sein d’Europe Ecologie.

Unifier cet ensemble qui a permis aux écologistes d’atteindre deux années de suite (aux européennes puis aux régionales) un score à deux chiffres aurait pu sembler une évidence. Mais c’était compter sans les résistances de l’appareil Verts, qui répugne à se fondre dans un ensemble plus large et qui se serait bien contenté de perpétuer une simple alliance électorale entre leur parti constitué et le réseau Europe Ecologie. Daniel Cohn-Bendit a néanmoins remporté la première manche en leur faisant admettre la création d’une nouvelle structure. Comment ? « On a gagné la partie après les régionales, explique-t-il. Car le succès a été de moindre ampleur qu’aux européennes et les Verts ont bien vu que l’espace s’était un peu réduit, que la dynamique s’était légèrement affaiblie. » Jouer sur une déception - relative - pour emporter le morceau… L’ex-leader de Mai 68 a été - comme toujours -tacticien et malin.

L’ « appel du 22 mars »

Le rassemblement des écologistes, c’est son chantier et il n’a pas l’intention de le laisser en plan avant son achèvement. Au printemps, il a fait mine de tordre le bras à ses amis Verts en lançant son nouvel « appel du 22 mars ». Des personnalités écologistes de tous bords se disent prêtes à le rejoindre : les Verts Noël Mamère et Dominique Voynet, mais aussi l’ancien candidat à la présidentiellle Antoine Waechter et la présidente du mouvement Cap 21, Corinne Lepage, qui vient de rompre avec le Modem. Se sentant court-circuitée, la direction des Verts s’insurge contre la manière. Tensions, propos aigres-doux… « Dany » baisse d’un ton - l’évolution « se fera avec les Verts, et jamais sans ou contre eux, sinon cela ne se fera pas », répète-t-il -, mais ne cède rien sur le fond. L’appareil finit par se rendre à l’évidence : lutter contre le rassemblement n’est pas vendeur.

En juin, le comité d’orientation politique d’Europe Ecologie et le CNIR des Verts adoptent le même texte programmant pour novembre des assises « constituantes de l’écologie politique ». « Avec l’adoption de ce texte, nous avons franchi une étape décisive qui empêchera tout retour en arrière », se réjouit le député Verts Noël Mamère.

Des résistances persistent

Daniel Cohn-Bendit, lui, est plus prudent. « Les détours de l’humanité verte ne sont pas toujours très rationnels ! Je suis à la fois rassuré et sur le qui-vive ! Je les connais trop. Je crains toujours la tentation de sauver un appareil politique aussi petit soit-il. C’est une maladie congénitale des appareils politiques ! », souligne « Dany » reprenant ses réflexes de « libéral-libertaire ». Toutes les résistances ne sont pas désarmées. « Nous sommes la seule structure politique qui veut tout changer après avoir connu deux succès électoraux ! », maugrée Jean-Vincent Placé, le numéro deux des Verts, même s’il est plus compréhensif qu’il y a quelques mois.

Daniel Cohn-Bendit a l’ambition de créer une structure « souple » qui échappe aux « vices des appareils politiques » afin de continuer à attirer des personnalités de la société civile, mais n’a pas encore le mode d’emploi. « On va dans l’inconnu », reconnaît-il. Personne ne sait à quoi ressemblera le futur objet politique des écologistes et encore moins le nom qu’il pourrait avoir. Le prochain rendez-vous aura lieu au mois d’août lors des journées d’été des Verts. « On verra s’il y a des résistances ou s’ils veulent continuer le processus, conclut « Dany ». J e suis raisonnablement confiant mais je reste méfiant : vous savez l’équipe de France de football aussi se disait confiante quand elle est partie en Afrique du Sud ! »