Dany Cohn-Bendit: pourquoi tant de silence, monsieur Barroso ?

8 septembre 2010

Mardi 7 septembre 2010, José Manuel Barroso convoque les eurodéputés pour un discours sur l’état de l’Union. Dans les rangs écologistes, on s’amuse de cette référence à la politique américaine. Mais le président de la Commission européenne n’a pas la stature de Barack Obama. Daniel Cohn-Bendit, au nom du groupe des Verts/ALE, a pointé les faiblesses d’un exécutif européen qui répond aux ’abonnés absents’ sur tous les sujets d’actualité. Roms, crise économique en Grèce… ’Pourquoi tant de silence, monsieur Barroso ?’




Dans l’hémicycle: Daniel Cohn-Bendit répond à Barroso
envoyé par EurodeputesEE. – L’info internationale vidéo.


Corinne Lepage: « Greenwashing Policy »

4 septembre 2010

Vue de Copenhague, où je participe à une conférence organisée par l’Agence Européenne de l’Environnement sur l’avenir du Principe de Précaution, la situation française au regard de la transition vers une économie verte et réellement durable est affligeante.

Le Grenelle qui nous est vendu comme un exemple mondial se révèle finalement une immense baudruche qui s’est dégonflée au cours des mois, alors qu’il symbolisait un formidable espoir : celui de mettre enfin notre pays au niveau de ses engagements communautaires.

Or, il se révèle cruellement la simple continuation des particularités françaises,  et un retard abyssal en comparaison de l’Allemagne, des pays du nord, mais aussi désormais de l’Espagne en ce qui concerne les énergies renouvelables.

Que reste t il de cette opération de communication sans précédent ?

-         une politique des transports qui continue à privilégier la route, les camions et l’avion (sans oublier le BTP) : 800 km d’autoroutes, l’augmentation de la taille des camions sur les routes et de nouveaux aéroports (ND des Landes)

-         une politique de l’énergie basée sur le tout-nucléaire, qui absorbe l’immense majorité des crédits publics, et fusille successivement l’éolien terrestre ainsi que le solaire, afin que ces derniers ne puissent se développer et occuper une vraie part de marché

-         une politique de la biodiversité sans moyen,  qui fait des trames vertes et bleues des espoirs à la disposition de ceux qui le souhaiteront un jour

-         une politique de santé environnementale vidée de sa substance, sacrifiée au lobby des grandes exploitations céréalières agricoles (alors que les débats sur la PAC démontrent l’absolue nécessité de changer) et agrochimique

-         une politique de l’habitat qui était la plus élaborée, mais dont les moyens et les contraintes se sont progressivement vidés.

-         Sans parler de l’abandon de l’étiquetage (qui sera imposé par Bruxelles), de la taxe Carbone, de la responsabilité des sociétés mères pour leurs filiales….

Certes, les nouveaux textes ne manquent pas… Mais pour quoi ?

Sommes-nous dans les cordes pour notre part d’énergies renouvelables dans le bouquet énergétique, la qualité de nos eaux, la pollution de l’air, les particules fines, les pesticides ? Non, évidemment.

Alors, nous sommes nombreux à nous sentir déçus, voire trahis.

-         parce que nous sommes toujours à la traîne

-         parce que nous restons à l’écart de la révolution industrielle qui se met en place

-         parce que la transition écologique reste un espoir lointain pour les Français

Mais plus encore, pour les écologistes démocrates et républicains, qui refusent de considérer qu’il ne peut y avoir d’écologie qu’à l’extrême gauche. Voilà administrée la preuve que la droite néolibérale, qui caractérise – quoiqu’ils ne disent – l’ensemble de la politique gouvernementale, non seulement n’a rien compris mais a encore inventé une nouvelle politique : la « Greenwashing Policy ».

sur le blog de Corinne Lepage


Lyon ? La teuf !!!

3 septembre 2010

Bonjour,

nous sommes un certain nombre à partager les craintes de Dany quant à la récupération par les vieux Verts de notre mouvement.
Anticipons ! et préparons une ENOOORME fête pour l’enterrement d’Europe Ecologie à Lyon et faisons-le savoir urbi et orbi ! … A vos suggestions !!!
Je suis sûre que nos amis artistes peuvent nous aider à imaginer…

Et, si d’aventure, nos amis Verts d’EE pouvaient renverser la triste vapeur qui commence à s’élever, cette fête, nous pourrions la transformer en une ENOOOORME fête du Rassemblement, le vrai, le seul, un peu libertaire sur les bords et en tous cas très peu rigide, très transparent, très transversal; très coopérative quoi !

Qui commence?

Yes, we can …

qui commence ???

L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable.
Que crains-tu de la guêpe ivre de son vol fou ?
Vois, le soleil toujours poudroie à quelque trou.
Que ne t’endormais-tu, le coude sur la table ?

Pauvre âme pâle, au moins cette eau du puits glacé,
Bois-la. Puis dors après. Allons, tu vois, je reste,
Et je dorloterai les rêves de ta sieste,
Et tu chantonneras comme un enfant bercé.

Midi sonne. De grâce, éloignez-vous, madame.
Il dort. C’est étonnant comme les pas de femme
Résonnent au cerveau des pauvres malheureux.

Midi sonne. J’ai fait arroser dans la chambre.
Va, dors ! L’espoir luit comme un caillou dans un creux.
Ah ! quand refleuriront les roses de septembre !

Paul Verlaine


Peut-être serait-il temps … ?

30 août 2010

Il me semble, que nous sommes en train de refaire l’erreur de la « Constitution » européenne: au lieu de prendre en compte le fait que nous sommes divers, diversifiés, composites, mais tous écolos, nous avons collé aux Verts souvent en dépit de notre plein gré, et nous voilà en train de construire une structure Verts bis sous la contrainte que ce parti in-con-tour-nable nous impose à nous autres pauvres benêts qui, d’après la rumeur, sommes incapables de nous mettre en ordre de marche et de nous « structurer »… et comme les Verts eux, ont mis plus de 20 ans pour aboutir à une structure dont la majorité d’entre nous ne veut pourtant pas, nous voilà « obligés » de la toiletter un peu, mais avec des pages et des pages de petits1,2 … petit a, b… etc, etc.

Mais, non.

Les Assises, si j’ai bien compris, devaient jouer le rôle de Constituante. Nous devions donc adopter une Constitution que pourrait rejoindre toute la galaxie écolo. Une constitution, comme nous l’a si bien expliqué Onesta en son temps, ce ne sont pas des pages et des pages de textes techniques.

Une constitution, c’est un texte simple, clair, avec des termes accessibles à tous, qui nous permettrait de regrouper nos fondamentaux.

Aux Assises, on adopte ce texte dans l’enthousiasme enfin retrouvé.

Ensuite on prend le temps de nous organiser (de façon souple), et là il y a plein d’idées qui ont émergé lors des journées d’été, y’a qu’à se servir) autour de ce texte, tout en laissant grandes ouvertes les portes pour que tous les écolos, structurés ou non, nous rejoignent.

Tandis que là, on nous refait le coup de l’urgence du fait des élections !!! Mais non, il n’y a AUCUNE urgence ! Pour les cantonales, on peut très bien s’organiser de façon souple à partir des comités locaux, nous les SIGNATAIRES d’Europe Ecologie.

Pardon?

Seule une MINORITE de Verts a signé ? Eh oui…

Peut-être qu’une majorité de Verts n’est pas partante pour Europe Ecologie.

Peut-être qu’il serait temps d’acter ce fait au lieu de faire semblant de croire que TOUS veulent la fusion et d’imposer à TOUS, Verts et divers, cette fusion aux forceps.

Peut-être serait-il temps aussi de RENDRE LEUR LIBERTE aux Verts et, dans la période de transition, de ne faire alliance aux élections qu’avec ceux d’entre eux qui le désirent vraiment.

Peut-être serait-il temps d’arrêter la machine à perdre ???

ARRETONS DE NOUS MENTIR LES UNS ET LES AUTRES !


L’appétit des spéculateurs aura des conséquences sociales désastreuses

28 août 2010
Tribune de José Bové, René Louail, François Dufour et Serge Morin, élus Europe Ecologie, paru dans Le Monde du 24 aout 2010.

En Russie et en Europe les sécheresses provoquent un recul des productions de céréales. Si les phénomènes climatiques que connaissent l’Union européenne, la Russie et la Chine sont à l’origine d’une baisse des productions, les répercussions économiques qu’elles entraînent pour les paysans sont, quant à elles, provoquées par la forte dérégulation des marchés et une spéculation effrénée sur ces matières premières agricoles.

Alors que l’ensemble des expertises officielles s’accordent à rejeter toute réelle possibilité de pénurie pour l’alimentation du bétail, le prix du blé a bondi de 70 % en un mois : de 130 euros la tonne début juillet à 224 euros la tonne aujourd’hui.

Depuis que la Russie – troisième exportateur mondial de blé – a décrété un embargo sur ses exportations jusqu’à la fin de l’année, les spéculateurs et, en particulier, les fonds de pension sont sur le pied de guerre, achetant les matières premières agricoles à tour de bras. Leur appétit aura très vite des conséquences sociales désastreuses.

Les émeutes de la faim qu’ont connues en 2008 les pays du Sud, alors que la tonne de blé atteignait 298 euros sous les effets de la spéculation, sont encore dans tous les esprits. Tous les ingrédients qui avaient conduit à cette situation sont, hélas, de nouveau présents. Les prix vont continuer d’augmenter et de connaître de fortes fluctuations que l’inévitable remontée des cours du pétrole ne pourra qu’aggraver.

Force est de constater que depuis 2008, tout a été fait, au nom de la simplification de la politique agricole commune (PAC), pour réduire à néant les outils européens existants de gestion des marchés alors qu’il fallait mieux maîtriser les marchés, réduire la dépendance aux importations de denrées alimentaires, entraver l’extension des agrocarburants au détriment des cultures vivrières, constituer des stocks d’urgence.

A partir de ce constat, les décideurs se sont convaincus de l’importance de relancer les investissements dans l’agriculture. Le revers de la médaille, c’est la ruée sur les terres arables de certains Etats et groupes privés qui mettent à mal le développement d’une agriculture paysanne, pourtant seule à même de répondre aux problèmes de la faim et de pauvreté des pays du Sud.

__ LE PRIX DES CÉRÉALES EXPLOSE__

En France, la montée des prix frappe de plein fouet les éleveurs. Les régions de l’Ouest et de montagne, grandes productrices de lait et de viande, sont les plus fortement touchées. A l’inverse, les céréaliers français voient leurs revenus s’accroître considérablement alors même que plus d’un tiers des aides de la PAC – 20 milliards d’euros sur 54 milliards – leur sont déjà alloués.

Le prix des céréales explose, ceux du porc et de la viande bovine baissent, tandis que le prix du lait reste en dessous des coûts de production. Les éleveurs qui ont opté pour des systèmes herbagers – qui respectent l’environnement et leur apportent une plus grande autonomie pour l’alimentation du bétail – seront les plus injustement touchés par l’augmentation des prix des céréales, et donc de l’alimentation animale, alors qu’ils sont parmi les moins aidés par les dispositifs publics.

La loi de modernisation de l’agriculture (LMA) ne fera qu’accentuer la dépendance des agriculteurs vis-à-vis des firmes agroalimentaires, malgré un faux discours sur la régulation des productions. C’est là toute l’absurdité d’un système d’aides européennes essentiellement orientées vers la production intensive plutôt que vers le soutien des emplois dans l’agriculture durable. L’OMC, l’Union européenne et le gouvernement français continuent la politique du « laisser faire » au nom du libéralisme économique.

Devrons-nous attendre une nouvelle crise alimentaire aux conséquences dramatiques pour que l’Union européenne se préoccupe enfin des paysans ? Nous demandons une modulation des aides compensatoires, afin qu’un quart des aides PAC 2010 aux céréaliers (5 milliards d’euros) soit redirigé vers les éleveurs et vers des politiques de coopération internationale.

Il est temps d’amorcer une transformation écologique et sociale de notre modèle agricole. Cela passe par un encadrement fort des marchés afin de garantir des prix justes pour les producteurs, tout en préservant le pouvoir d’achat des consommateurs. La réforme de la PAC qui s’amorce constitue une opportunité unique pour remettre à plat les orientations stratégiques de la politique agricole européenne. C’est un nouveau contrat entre la société et ses paysans qu’il nous faut construire.

José Bové, eurodéputé Europe Ecologie ; René Louail, paysan, conseiller régional Europe Ecologie au conseil régional de Bretagne ; François Dufour, paysan, vice-président d’Europe Ecologie de Basse-Normandie ; Serge Morin, paysan, vice-président Europe Ecologie de Poitou-Charentes.

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Corinne Lepage: « les blés de la colère »

13 août 2010

Lu sur le blog de Corinne

La flambée spectaculaire du prix du blé sur le marché de Chicago, même si le cours n’a pas atteint les sommets de 2007, soulève deux constats autour des crises écologiques et de leur exploitation financière.

Le premier constat est bien sûr celui de la cause première, à savoir les intempéries exceptionnelles de cet été, qui ont provoqué une sécheresse sans précédent en Russie et le blocage par le pouvoir en place des exportations de blé pour 6 mois afin de garantir la souveraineté alimentaire du pays. Cette  sécheresse, accompagnée de graves incendies en Russie, au Kazakhstan et en Ukraine devrait réduire de 27 % la production exportée des trois pays pour la campagne 2010/2011.

Le second constat est celui des phénomènes spéculatifs que cette décision a entraînés. Alors même que la FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) a réduit mercredi d’environ 4% ses prévisions de récolte mondiale de blé pour 2010, soit une baisse de 25 millions de tonnes (passant à 651 millions de tonnes récoltées contre 676 millions annoncées dans les prévisions de juin), cette organisation considère toujours cette offre pour l’instant suffisante. Pourtant, le prix de référence du blé à Chicago a bondi de 82% depuis le 9 juin, tandis que la tonne a dépassé les 230 euros en Europe (+61 %).

Plus symboliquement encore, les achats par des fonds d’investissement et des traders sur le Chicago Board of Trade (CBOT) ont également porté sur le maïs et le soja, qui gagnaient respectivement 2,6% et 0,8% en une journée.

Cependant, la situation actuelle est très différente de celle de 2007, dans la mesure où  les stocks sont abondants, atteignant des niveaux bien supérieurs à la moyenne des dernières années. Toujours selon la FAO, « le marché mondial du blé reste nettement plus équilibré que lors de la crise en 2007/08 et les craintes d’une nouvelle crise alimentaire mondiale ne sont pas justifiées à ce stade ». Dès lors, la hausse n’est pas seulement due aux difficultés climatiques, la spéculation est évidente.

L’union de ces deux constatations conduit à se poser les questions des conséquences au niveau mondial des risques de retour des émeutes de la faim, mais aussi de s’interroger sur ceux qui vont supporter les frais du surcout des matières premières (notamment les pays pauvres), sur les intermédiaires et traders qui vont toucher le pactole (sans pour autant que la plupart des agriculteurs en voient la couleur, le blé étant déjà vendu) et sur les leçons que l’on a tiré des précédentes crises. A court terme, malgré les déficits chroniques, les Etats vont être sollicités pour jouer les pompiers afin d’aider ceux qui seront confrontés aux effets de cette crise (et il faut qu’ils le fassent pour les pays les plus pauvres, mais aussi pour ceux qui, dans leur pays, consacrent la plus grande partie de leur budget aux affectations essentielles à savoir l’alimentation et le logement).

Pompier certes mais surtout pompier pyromane pour avoir refusé de s’attaquer réellement à la crise écologique et aux ravages du système financier. L’adjonction de l’un et de l’autre risquent d’anéantir les efforts faits pour sortir de la crise et mettre en place les outils nécessaires au changement de notre modèle de développement.


Vadrot: « Installations d’un centre d’expérimentation OGM de Monsanto à Autry dans le Loiret »

7 août 2010

« Lentement mais sûrement, souvent par l’intermédiaire de dirigeants ou de sociétés qui servent de poissons-pilotes, Monsanto quadrille le territoire français pour développer ses activités actuellement interdites. De façon à être présent partout pour le cas où le lobby des OGM réussissent à arracher quelques autorisations. A forces d’essais sous serre ou d’essais clandestins en plein champ. Ce qui se passe dans un lieu-dit (Bruyères de l’Etang) d’une petite commune du Loiret, Autry-le-Chatel, est révélateur des méthodes et manoeuvres en cours dans de nombreux départements.
Quoi de plus innocent, sur l’emplacement d’une pépinière, que l’installation au bord d’un étang, il y a une bonne dizaine d’années, d’une société dénommé « Loiret Semence ». Ca fait local. Que le propriétaire, se trouve être un Néerlandais, n’est pas extraordinaire puisqu’aprés tout nous sommes en Europe. Evidemment que le Hollandais en question soit aussi le gestionnaire de la société Ruiter Seeds spécialisée dans les semences de légumes hybrides, pourrait éveiller l’attention. Mais, bon, pas de quoi inquiéter les élus et la presse locale et régionale… »

La suite, sur le blog de Claude-Marie Vadrot … bonne lecture !